Un jour un homme qui se préoccupait de voir les gens l’encenser et le louer alla trouver le Prophète Muhammad (PBSL) et lui dit : « Il m’arrive d’entreprendre une belle action, recherchant en cela le Visage d’Allah, et désirant acquérir ainsi une certaine considération parmi les hommes.» Le Prophète Muhammad (PBSL) ne lui répondit pas. C’est alors que la parole d’Allah fut révélée. Il s’agit du verset 110 de la sourate 18 (Kahf) : « Quiconque donc espère rencontrer son Seigneur, qu’il agisse en faisant le bien et qu’il n’associe personne dans l’adoration de son Seigneur. »
En clair, nos adorations et nos actions de bienfaisance doivent être dépouillées de toute autre chose, que la seule satisfaction d’Allah. C’est-à-dire que nous devons toujours, en privé comme publiquement, être animés vis-à-vis d’Allah, de la sincérité.
Or, l’épreuve à laquelle nous sommes tous confrontés au moment de vouloir poser une action d’adoration ou de bienfaisance, c’est celle de savoir le véritable objectif que nous y recherchons. Une épreuve à laquelle nulle n’échappe. Sommes-nous à la recherche d’une reconnaissance des autres ou du seul agrément divin ? Cela est d’autant plus difficile qu’Allah lui-même nous dit aussi dans le saint Qur’ane : « Vous ne serez pas reconnaissants envers Allah, si vous ne l’êtes pas envers les hommes. »
La question est donc de savoir quelle est la limite à observer à la fois par le bienfaiteur et le bénéficiaire. Là, apparait le rôle central de l’intention qui sous-tend les actes d’adoration et de bienfaisance que nous posons. Qu’est-ce qui nous pousse à agir ? Quel est le moteur de notre action ? Recherchons-nous la gloire auprès des hommes ou plutôt la récompense de notre Créateur, le Dispensateur Infini ?
A ce sujet, le Prophète Muhammad (PBSL) nous dit clairement : « Les actes n’ont de valeur que par les intentions ; et à chaque individu reviendra son intention… » C’est pourquoi, avant toute action prétendue dédiée au Tout-Puissant, il est toujours essentiel de passer son cœur au scanner et se demander pour quel but l’on agit. Cet exercice spirituel doit être continu, sans relâche, car Iblis (Satan) est aux aguets, rodant toujours non loin, et espérant jusqu’au dernier moment, dépouiller notre intention de sa sincérité de départ.
Il donc est important de ne pas flancher, car la nature de la récompense divine est intimement liée à la pureté avec laquelle on dédie l’action au Tout-Puissant, comme Il le souligne dans le Saint Qur’ane S92 (Al layl) V18-21 : « Celui qui donne ses biens pour se purifie et auprès de qui personne ne profite d’un bienfait intéressé, mais seulement la recherche du Visage de son Seigneur le Plus Haut ! Et certes, il sera bientôt satisfait. »
En un mot comme en cent, l’essentiel n’est pas dans la quantité, le gigantisme ou la beauté de l’acte que nous posons dans notre adoration ; mais plutôt dans l’intention qui l’accompagne. Evitons donc le piège de la recherche de la reconnaissance des hommes. Recherchons plutôt exclusivement celle d’Allah. Une chose est sûre, l’agrément d’Allah est toujours suivi, quel que temps que cela prenne, de la reconnaissance des hommes. Qu’Allah nous aide à ne rechercher que Sa satisfaction dans Son adoration. Amine.

Ibn Sôliou