Partout , aussi bien sous nos tropiques africaines qu’ailleurs  dans le monde, elles sont l’objet de toutes sortes de violences. Battues, violées, mutilées par excision ou infirmation on parle des MGF, les mutilations génitales féminines, brimées au quotidien dans le cadre conjugale, pour ne citer que cela, les violences sont soient physiques  ou culturelles. C’est le cas des mariages forcés et des mariages précoces. Les femmes sont les premières victimes des violences basées sur le genre.

En dehors des pratiques traditionnelles néfastes, les formes de violences, à savoir la violence physique, la violence sexuelle, la violence morale ou psychologique, la violence économique englobe des actes spécifiques.

Mais en fait qu’entend t-on par violence basée sur le genre ?

Dans un rapport publié en 2004, l’OMS, Organisation Mondiale de la Santé définit les violences basées sur le genre comme la menace ou l’utilisation intentionnelle de la force physique ou du pouvoir contre soi-même, contre autrui ou contre un groupe ou une communauté qui entraîne ou risque fortement d’entraîner un traumatisme, un décès, des dommages psychologiques, un mal développement ou des privations.

Et malheureusement nous oublions trop souvent qu’elles sont nos mères, nos sœurs, nos épouses, nos filles et nous leur infligeons des souffrances inqualifiables.

Qu’est-ce qui justifie que cette douce créature soit devenue aujourd’hui le souffre douleur de la gente masculine ?

Souvenons que les prophètes de toutes les religions révélées ont eu beaucoup de compassion pour les femmes. Dans la bible, il a fait état de la compassion de Nabi Issa, aleyhi wa salam, fils de Marie à l’endroit de la prostituée” que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre “. Et le saint coran enseigne que le Prophète Mouhammad (saw) avait beaucoup de respect, d’égard, de sollicitude, de compassion et d’attention envers ses épouses.

Des valeurs qui malheureusement tendent à disparaître dans nos sociétés où les femmes sont victimes d’un manque considérable d’égard. On porte la main à sa femme, on insulte sa mère alors que notre accès au paradis se trouve sous ses pieds. On pousse la fille à se prostituer pour subvenir aux besoins de la famille. On l’excise pour qu’elle ne soit pas infidèle comme si la fidélité avait un lien connexe avec le clitoris.

Des clips et videogrammes désacralisent au quotidien le corps de la femme et l’expose à tous venants.

Selon  le FNUAP l’un organismes des Nations Unies chargé de faire face aux conséquences physiques et émotionnelles de la violence sexiste ce sont autant d’agissements sexistes qui mettent en péril la santé, la dignité, la sécurité et l’autonomie des femmes et qui, c’est bien dommage est entourée d’une forte culture du silence. Une violence aux conséquences  parfois très graves sur la santé sexuelle et reproductive des victimes : grossesses forcées et non désirées, avortements dangereux, fistules traumatiques, infections sexuellement transmissibles, notamment le VIH, allant même jusqu’à leur décès.

Il est grand temps d’ouvrir les yeux et de parler, parler pour dénoncer des comportements nefastes, parler pour que cessent des agissements qui jamais n’auraient dû exister dans nos sociétés.

Selon Ban Ki Moon, secrétaire général de l’ONU, “« La violence à l’égard des femmes et des filles constitue une violation des droits de l’homme, une pandémie de santé publique et un obstacle de taille au développement durable. […] Elle impose des coûts exorbitants aux familles, aux communautés et aux économies. […] Le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix. »

Justement puisque le monde ne peut pas se permettre de payer ce prix,  il est institué depuis quelques années, du 25 novembre au 10 décembre, « 16 jours d’activisme contre la violence sexiste » qui ont pour but de sensibiliser le public et mobiliser les gens partout dans le monde afin d’apporter des changements. Cette année, la campagne de « Tous UNiS pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes » nous a tous invité à « Oranger le monde » couleur désignée par la campagne pour symboliser un avenir meilleur sans violence.

Mais 16 jours sont-ils suffisants pour mobiliser l’humanité contre un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur ?

16 jours, je dis non, trop peu. Chaque jour doit être un jour de mobilisation, un jour de combat, un jour de sensibilisation pour que le monde tourne le dos aux VBG.

Dans notre cher pays, la Côte d’Ivoire, certes des efforts sont faits qu’il faut sans doute louer, mais beaucoup reste à faire. Et l’État ne peut mener a bien cette lourde mission si les citoyens ne vont pas preuve d’une volonté manifeste d’endiguer le phénomène.

Pour terminer je voudrais rendre un hommage aux femmes en disant que Chaque femme est un joyau précieux sur laquelle nous devons veiller jalousement en lui donnant une place de choix dans notre société. La femme est le passé, elle est un present, un don de Dieu, la femme est le futur car elle porte la vie et elle donne la vie. Évitons de lui nuire autant que faire se peut. Alors cher voisin cher frère, cher ami, j’espère que mes propos ne sont point tombés dans des oreilles de sourd et qu’ils trouveront un écho favorable dans ton coeur de gentleman.

Lanciné Kamara