Les Nations Unies ont célébré ce vendredi 09 décembre 2016, la Journée internationale de lutte contre la corruption. La Convention de l’ONU contre la corruption établit de nouvelles normes et constitue une avancée considérable en matière de recouvrement des avoirs illicites envoyés à l’étranger. En Côte d’Ivoire, l’événement a été marqué par une table ronde, avec en toile de fond le regard croisé des grandes confessions religieuses sur le phénomène de la Corruption.

La Côte d’Ivoire perd chaque année au moins 300 milliards de F Cfa à cause de la corruption. Selon le dernier rapport Doing Business de la Banque Mondiale, sur les 190 pays évalués, notre pays reste à la 142e place comme dans le précédent classement. Une contre performance qui en dit long sur le climat des affaires. A en croire le président de l’Association Ivoirienne pour la Transparence et l’Éthique, Zobo Guinan, les religieux ont toute leur place dans la lutte contre le phénomène : « ce sont eux qui nous dirigent sur le plan spirituel et moral. Nous avons voulu utiliser leur canal pour que leur discours puisse porter à l’endroit de leur fidèle afin qu’ils puissent répercuter ce combat que nous voulons mener. Et d’inviter leurs fidèles à avoir des comportements beaucoup plus citoyen pour éviter la corruption dans toutes leurs activités » a-t-il plaidé.

« Regard croisé des grandes confessions religieuses sur la corruption et ses conséquences : quelle proposition ? ». Voilà le thème qui a retenu toutes les attentions. Et pour l’occasion, deux guides religieux ont la position de leur confession. D’une part le père Charles Olidjo de l’Eglise Catholique : « la corruption est un acte insidieux, odieux, c’est un péché qui constitue l’acte le plus ignoble. L’église catholique met des stratégies à travers ses institutions. A Rôme, la Commission Justice et Paix organise des colloques, des formations, des ateliers pour faire prendre conscience aux uns et aux autres du fléau ».

D’autre part, Oustaz Koné Abou de Dabou a partagé la position de l’Islam sur le phénomène de la Corruption, non sans proposer des pistes de solutions : « il faut appliquer les lois sans aucune pitié. Et que les premiers servent de modèles à ceux qui ont envie d’en faire autant. De sorte que celui qui s’est enrichi par la corruption devient un mauvais exemple pour les autres. Donc il faut sévir. Et que le peuple accompagne, soutienne pour que l’injustice disparaisse » a dit l’imam Koné.

En somme, les panélistes invitent chaque citoyen à faire de la lutte contre la corruption son cheval de bataille pour une société plus juste et équitable.

Kanaté K.