Basée sur le profit, et l’intérêt personnel, le capitalisme, parfois inorganisé a fait biens des heureux et des laissés pour compte depuis le 18ème Siècle.  A la fin du déclin total de l’économie communiste du bloc socialiste en 1990, l’humanité est restée à la merci de la loi du marché, le lieu de manifestation du capitalisme qui montre ses limites à travers ses crises successives jusqu’à la crise financière Sub-primes en 2007 aux USA. Des prêts pyramidales (affaire Bernard Madof), rachat de crédit, spéculation des traders, finance virtuel ; instruments de crédits dérivés ; la théorie des crises financière bref. Ce n’est autre qu’autodestruction avec le fameux taux d’intérêt qui est à la fois le cout du capital ; mais aussi sa rémunération.
On s’est alors souvenu du mouvement pour une finance qui ne soit pas centrée exclusivement sur le profit ; donc une finance éthique.
Cela fut l’objet d’un discours remarqué de l’ex Président de la République française, Nicolas Sarkozy, prononcé le 25 septembre 2008 et dont on peut reprendre quelques phrases riches de sens :
« L’économie de marché, c’est un marché régulé, mis au service du développement, au service de la société, au service de tous. […]. Le capitalisme […] ce n’est pas la primauté donnée au spéculateur. C’est la primauté donnée à l’entrepreneur […], la récompense du travail, de l’effort, de l’initiative […], c’est la responsabilité individuelle, l’engagement personnel
[…]. »
Mais l’économie et la Finance éthique en l’occurrence islamique née avec la révélation du Noble Coran et la tradition prophétique de Mohamed, fait son chemin et prouve le bonheur de l’humanité depuis la crise pétrolière de 1973. Entre cette date et aujourd’hui fut créé la banque islamique privée de DUBAI puis la banque Faysal Islamique qui s’est transformée par la suite pour être la BID (Banque Islamique de Développement) en 1975.
En sus, l’Islam agrée la même démarche d’économie normative et moraliste en finance sous l’appellation, Charia Board ; d’où la création d’une banque islamique de développement la BID dont la Côte d’Ivoire y est membre depuis 2001 et actionnaire minoritaire depuis 2000.
La Côte d’Ivoire, à l’obtention de son indépendance en 1960 a fait le choix du libéralisme économique pour réaliser avec un taux de croissance de 7.3% le miracle ivoirien dans un contexte de l’Etat providence en 1975. Le pays, après une décennie sombre de conflit militaro politique de son histoire en 1999 et 2011 occasionnant récession, chômage, et pauvreté accrue ; a décidé, à la sortie de cette crise, de donner une nouvelle impulsion à sa politique de développement à travers l’élaboration du Plan National de Développement (PND 2012-2015). Ce plan trace les grands axes de l’action gouvernementale tant au plan central que régional pour atteindre en 2015 une croissance vigoureuse, soutenue, inclusive, solidaire et créatrice d’emplois. Toute chose qui traduit l’ambition du Président de la République Alassane OUATTARA de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent à l’horizon 2020.
Toutefois plusieurs éléments annonciateurs permettent d’envisager l’apparition prochaine d’instruments financiers qui pourraient soutenir les PME et les activités de microcrédit sur le continent africain.
Quant à la Côte d’Ivoire, elle a organisée deux Forums Africains sur la Finance Islamique en septembre 2015 et en octobre 2016 a ainsi lancé son premier emprunt de Sukuk dans le mois de Novembre.
Justement à ce titre, d’importantes décisions ont été adoptées et de nombreuses initiatives sont prises en Afrique en général et en Afrique de l’Ouest en particulier pour promouvoir la finance islamique.
Le renforcement du cadre juridique et institutionnel par la BCEAO et par les Etats ; l’ouverture de guichets islamiques par les Institutions financières de développement avec en ligne de mire la première cotation des obligations islamiques sur la place financière ouest africaine par la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) à Abidjan le 18 octobre 2016 en sont des témoignages éloquents.
Les éminences grises, les décideurs publics, les responsables des institutions centrales d’émission monétaire, les acteurs du secteur privé et la société civile ont suggéré en marge de cet autre sommet de haut niveau la prise en compte d’importantes résolutions.
L’accomplissement des diligences en vue de l’émission de Sukuk par les entreprises opérant dans le secteur privé. Une telle initiative s’avère opportune pour renforcer les capacités financières des entreprises privées à élargir leur base productive en Afrique.
L’élaboration de directives par les Institutions monétaires centrales relativement d’une part aux ratios prudentiels à observer par les établissements bancaires et les systèmes financiers décentralisés, d’autre part à l’optimisation de la gestion de la liquidité par les établissements traitant des instruments financiers islamiques surtout en matière de refinancement.
« Au cours des cinq dernières années, la coopération avec les institutions islamiques s’est intensifiée et s’est matérialisée par un portefeuille d’un montant de 598,5 milliards de FCFA pour un total de 17 projets actuellement actifs », cette interpellation du Ministre du Plan et du Développement, Niallé KABA est un cas d’école afin que vive l’émergence pour l’ivoirien nouveau avec la Finance Islamique.

Mory BAMBA de Karamoko