“Nous sommes disposés à prendre notre part à l’effort international visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre, notamment en nous dotant d’énergies propres. Mais nous avons besoin d’aide”. Tel est, en substance, le message que les délégations africaines ont voulu faire passer lors de la COP 21 et relayé par « NOVETHIC, le média expert de l’économie responsable ». Un message qui résume la problématique à laquelle les gouvernements du continent font face.
Aujourd’hui encore, un Africain sur deux n’est raccordé à aucun réseau électrique fonctionnel. En 2012, selon les chiffres de la Banque mondiale, seuls 6,5 % des Burundais, 13,1 % des Burkinabés et 55,8% des Ivoiriens étaient connectés à un réseau électrique classique.
Et si l’Afrique était l’avenir des énergies renouvelables ?
L’on s’accorde à dire que l’Afrique est un véritable Eldorado en matière de ressources renouvelables quasiment inépuisables. Elle est dotée d’un potentiel énergétique pouvant lui permettre d’assurer à moyen et à long terme une électrification autosuffisante ainsi qu’une redistribution sur le continent européen. Comme pour rassurer, les différentes études de faisabilité, de rentabilité et d’impact socio-économique et environnemental des projets d’énergie renouvelable révèlent un fort attrait pour ce type d’investissement. Investir dans le renouvelable présente donc une valeur économique et sociale sure et certaine. Pourtant, les financements relatifs ne suivent pas toujours. Les Etats se buttent très souvent au manque de capitaux; et, bien de projets sont ainsi voué à l’abandon.

Dans ce contexte, les gouvernements locaux sont taraudés par une urgence impérative : vaincre leur déficit énergétique le plus vite possible. Cela coûte de l’argent. Beaucoup d’argent. Surtout s’ils veulent abandonner les générateurs fonctionnant au diesel, chers à l’usage mais faciles à acquérir auprès de compagnies spécialisées, et les centrales au charbon, prépondérantes en Afrique du Sud. Il leur faut aussi convaincre les paysans de limiter leur consommation de bois de chauffe, lourde de conséquences pour le couvert forestier de nombreux pays, notamment dans le Sahel.
Pour électrifier complètement le continent, il faudrait mettre au pot 5 milliards de dollars par an pendant dix ans. Qui va payer la facture et mettre en œuvre ces chantiers d’importance ? Et quelles formes d’interactions sont déjà en œuvre et/ou doivent s’établir entre les administrations publiques du Nord et du Sud, les entreprises privées exerçant dans le secteur et les bailleurs de fonds institutionnels et privés pour relever un défi d’autant plus complexe que les différents pays n’ont pas le même “profil énergétique”?
L’effondrement des prix mondiaux du pétrole dévaste aujourd’hui un certain nombre d’économies au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ayant déjà assisté à plusieurs chutes des prix au cours du passé, il faut s’attendre à ce que de nombreux dirigeants dans la région soient tentés de patienter jusqu’à ce que ces prix repartent à la hausse. Or, cet effondrement actuel est différent, et les gouvernements ont besoin de nouvelles stratégies en matière d’énergie et de développement. La démarche du Maroc consistant à faire du pays une future puissance régionale des énergies renouvelables offre ici une véritable inspiration pour le développement économique dans d’autres pays arabes.

Les Etats membres, de l’UEMOA ont chacun défini des programmes d’émergence avec des objectifs précis. Pour y arriver ils sont conscients que l’énergie électrique demeure leur allié de taille. Et pourtant plusieurs pays de l’institution sous-régionale subissent la dépendance énergétique.
La Facilité Régionale d’Accès à l’Energie Durable (FRAED) pourrait être une solution à cette situation.
Pour rappel, la FRAED est un fonds mis en place par les Etats membres et la Commission de l’UEMOA dans le but de catalyser, par appels d’offres, les investissements privés pour le développement de projets d’énergies renouvelables et d’efficacité énergétique de taille moyenne (entre 5 et 25 MW environ), raccordés au réseau, dans les huit Etats Membres.
In fine, l’Afrique est consciente du rôle incubateur des énergies renouvelables dont elle dispose à profusion. Présent à Lusaka (Tanzanie) pour la 51ième édition des Assemblées annuelles de la BAD, le Président de l’institution panafricaine a invité les Africains à faire de leur potentiel énergétique le socle de leur développement.
Akinwumi Adesina s’est dit heureux de la pente ascendante que la plupart des États africains ont empruntée pour sortir du sous-développement.
À en croire l’ancien ministre nigérian de l’Agriculture et du Développement rural, l’Afrique dispose d’un potentiel énergétique quasiment illimité dont l’exploitation permettra de booster davantage son développement et conduire ses pays à l’émergence tant souhaitée.
Pour y parvenir, l’institution panafricaine entend se porter caution pour appuyer toutes les initiatives dans ce sens.
Pour ce faire, le successeur de Donald Kaberuka a donc alloué une enveloppe de neuf milliards de dollars à l’électrification, à la nourriture, à l’industrialisation ainsi qu’à l’amélioration des conditions de vie en Afrique.

Mory BAMBA de Karamoko