31 communes avaient pris des arrêtés “anti-burkini”. Les arrêtés de Fréjus et de Cannes ont été annulés par le tribunal administratif, tandis qu’en Corse, Ghisonaccia et Sisco s’entêtent.
Un à un, les maires récalcitrants sont rattrapés par la justice. Depuis la décision du Conseil d’Etat, qui s’est prononcé contre l’arrêté municipal de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) visant a proscrire des plages le maillot de bain intégral, dit “burkini”, les arrêtés de Fréjus et de Cannes ont été invalidés à leur tour. Et les autres ? “L’Obs” fait le point.

Les arrêtés de Fréjus et de Cannes annulés

Le tribunal administratif de Toulon a invalidé l’arrêté de Fréjus (Var) que le maire Front national avait maintenu malgré la décision du Conseil d’Etat, jugeant ce type de décisions attentatoire aux libertés.

“Victoire pour l’arrêté de Fréjus. Suspension !”, se réjouit sur Twitter Sefen Guez Guez, l’avocat du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) qui a mené la bataille juridique contre ces arrêtés.
“C’est maintenant au législateur de prendre ses responsabilités car il y a un vrai problème de civilisation”, a réagi auprès de l’AFP le sénateur-maire David Rachline.

Me Guez Guez avait repris mardi devant le tribunal administratif de Toulon les arguments de la décision prise par le Conseil d’Etat la semaine dernière, jugeant que ce type d’arrêtés était une “atteinte grave” à “la liberté de conscience” et “la liberté d’aller et venir”.

Mardi, la justice avait déjà invalidé un arrêté similaire pris par la commune de Cannes.

D’après Me Guez Guez, le maire Les Républicains de Cannes David Lisnard, a fini par annoncer qu’il allait suivre la décision du tribunal administratif.
Retrait de dernière minute à Roquebrune-Cap-Martin

Une autre station balnéaire, Roquebrune-Cap-Martin, a retiré in extremis son arrêté dit “anti-burkini”, à la veille d’une audience prévue mercredi.

Les arrêtés de Nice et Menton examinés

Le tribunal administratif de Nice doit encore examiner deux autres dossiers mercredi, concernant les communes de Menton et Nice.
Ghisonaccia et Sisco s’entêtent

La majorité des municipalités ayant pris des arrêtés “anti-burkini” ont dans un premier temps persisté à l’interdire. En France, elles étaient 31. Dans de nombreux cas, les arrêtés expirent de toute manière le 31 août au soir. A Ghisonaccia, en Corse, l’arrêté court en revanche jusqu’au 18 octobre, et à Sisco jusqu’au 30 septembre. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a indiqué avoir entamé des procédures pour ces communes.

L’ONU a estimé mardi que les arrêtés pris contre le “burkini” alimentaient la “stigmatisation” des musulmans. Ces derniers ont donné lieu à la verbalisation de femmes voilées, dérives qui ont fait scandale, y compris Outre-Manche.

L’Obs et Afp