L’immigration clandestine a pris une proportion inquiétante, vue le nombre de morts qu’elle enregistre chaque jour.  Les médias en parlent en longueur de journées : une embarcation fortune a chaviré sur la mer méditerranéenne ou encore des personnes sont mortes dans le désert. Ce fut le cas de 34 personnes, dont 20 enfants retrouvés morts dans le désert du Niger. L’immigration clandestine est devenue la calamité qui tue plus que les conflits armés en Afrique.

Les chiffres émanant du HCR (Haut-Commissariat des Refugiés) et de l’OIM (Organisation Internationale pour les Migrations) indiquent que depuis 2014, plus de 10 000 migrants ont péri en Méditerranée en tentant de rejoindre les côtes de l’Europe.

Ce bilan tragique dans les détails fait peur et nous donne une sueur froide. Car le nombre de mort connaits une croissance exponentielle. 3500 personnes ont perdu la vie en Mer en 2014, 3711 en 2015 et déjà pour ce premier trimestre de cette année 2016, les nations unies enregistrent déjà 2814 décès. En moyenne, ce sont plus 300 personnes qui meurent chaque mois sur mer soit 10 décès par jour du fait de l’immigration clandestine.

Ces chiffres à la fois horribles et terrifiants n’émeuvent guère la communauté internationale, tétanisée et préoccupée par d’autres situations qui ne pèsent pas lourdes dans la balance des urgences car la catégorie d’âge constitue la jeunesse ; On parlera de la fleur de l’âge. Pour paraphraser Tshitenge Lubalu, Congolais, spécialiste de la RDC et de l’Afrique centrale « Sans emploi, sans respect des libertés, comment convaincre les jeunes Africains de ne pas aller tenter leur chance ailleurs ».

Des réunions de hauts niveaux sont plutôt organisées sur la problématique “comment endiguer et fermer la porte du vieux continent contre l’immigration clandestine”.

Stricto sensu, ils évident de comprendre que ce choix stratégique n’est pas orienté vers une résolution durable du mal qui est ‘’Pourquoi  l’immigration massive de cette frange de la population vers l’imaginaire paradis Européen’’.

Au regard de cela, la réponse à cette problématique est inclusive car l’immigration clandestine fait plus de mal au continent Africain in extenso à nos pays et à nos familles respectives car chacun est touché en apprenant la disparition d’un proche et du frère et ami d’une connaissance.

J’ai échangé avec X qui a souhaité rester dans l’anonymat. Il travaillait à Abidjan son rêve est d’épargner et ensuite tenté sa chance à l’aventure. Il choisit l’option clandestine en passant par le Niger. Dans ce pays, il y a une filière dont le travail est de faire entrer les clandestins en Lybie.  Chaque candidat débourse au moins 500 000 FCFA. X me dit que le moyen de transport est un camion de fortune qui peut à tout moment tomber en panne en plein désert.

En Lybie, sa vie ressemblait à la situation des noirs pendant l’apartheid. Suite à un vol de voiture à Tripoli où il faisait la mécanique, il a été accusé à tort. Il fit la prison. L’atmosphère délétère pousse les jeunes comme lui à quitter la Lybie coûte que coûte. Pour traverser la mer méditerranéen, une filière existe, chaque candidat débourse au moins 500 000, ce n’est pas la mer à boire. Survivre pour X c’était de quitter la Lybie.   Un coup de fil du pays d’origine dissuada X d’embarquer voilà comment il eut la vie sauve, mais il resta stoïque pour regagner les siens. Comme lui, ils sont nombreux à tenter leur chance à chaque lever du soleil. Le grand malheur de tout cela, c’est qu’il existe des filières sous nos latitudes qui s’enrichissent de cette situation macabre. En Côte d’Ivoire, Daloa constitue un réservoir de jeunes qui part toujours par cette voie illégale et suicidaire. En Lybie, les jeunes ivoiriens clandestins sont la plupart natif de Daloa. Et une mission d’information et de sensibilisation s’y est  rendue il y a quelques semaines pour échanger avec toutes les couches sociales.

Les gains estimés des trafiquants en 2015 sont entre 5 et 6 milliards $ soit 1200 milliards FCFA. C’est énorme à comprendre que c’est un fléau qui est loin de s’estomper car cela ressemble bien à un sorte de voyage triangulaire de l’époque de l’esclavage, à la différence que ce sont les transportés qui achètent les titres de transport pour un déplacement risqué et sans lendemain.

Puisque la solution est inclusive il faut :

Une réflexion approfondie pour une réponse efficace

  • Lutter contre la pauvreté en atténuant les disparités régionales.
  • Parler un langage de vérité à la jeunesse africaine car nombreux sont le politique qui promette sans jamais réaliser car la situation de chômage est partout la même.
  • Encourager et faire la promotion des valeurs qui serviront d’exemple car l’on a toujours brandi à la face de la nation des mauvais exemples qui furent des tribuns pour instrumentaliser au lieu des créateurs de richesses qui partent de zéro pour se réaliser.
  • Prendre exemple ailleurs en matière de développement inclusif car on ne refait pas le monde, si les autres ont réussi pourquoi pas nous.
  • Donner la chance à tous : Des jeunes diplômés de nos universités ou d’instituts supérieurs, viennent me dire qu’ils n’ont jamais reçu la moindre réponse à leurs demandes d’emploi adressés aux entreprises et aux administrations. Partout la question suivante revient : « Qui vous a recommandé ? » Sans recommandation, pas d’emploi.
  • Soyons de vrais patriotes ; aimer sincèrement nos pays. Cela signifie que tout simplement faire confiance à notre  système de santé, d’éducation, de formation et sociale. Si tous les dirigeants ou nantis, au lieu de faire partir des devises à l’extérieur pour la formation et la santé de leur famille, il sera vital pour ces derniers de le faire sur place ; car le faisant c’est aidé notre système à être performant et se hisser aux standards internationaux que nous recherchons tous à l’extérieur.
  • N’oublions pas l’éthique et la morale : Sans ces codes de bonne conduite, une société se dirige vers le cataclysme.

Koita Makalou